L’art de porter un masque…

Non je ne vous expliquerai pas comment porter un masque à la façon d’Horracio! Mais tant qu’à offrir de l’art-à-porter depuis trois ans, avec mes foulards, châles et autres créations, pourquoi ne pas faire de ces masques, des oeuvres d’art ambulantes?

Vous trouverez donc 10 modèles de 5 tailles différentes vers la mi-mai à la pharmacie Geneviève Lévesque – Jean Coutu de Cap-aux-Meules. Je ne sais pas au juste le moment où les galeries-boutiques seront appelées à ouvrir et comme j’y ai déjà des cartes de souhait, la pharmacie sera mon principal point de vente pour ce produit également.

Il est important de savoir que je ne suis pas couturière mais que ces masques sont faits au Québec par une entreprise professionnelle qui encourage les artistes du Québec depuis plusieurs années. Porter un masque pour la santé, oui, et pourquoi pas pour sa beauté aussi. Les enfants auront plus de choix de modèle selon les créations qui viendront.

En attendant, précisons que ces masques 100% polyester sont créés pour perdurer (résistant à plusieurs dizaines de lavages). Les fils entrelacés sont recommandés car ils s’étirent dans les deux sens et le poids du tissu satisfait aux normes recommandées. Les informations sur l’artiste ainsi qu’un rappel des mesures de sécurité de la COVID19 sont imprimés à l’intérieur. Ils sont munis d’un serre-nez qui se retire pour le lavage. Ce n’est pas un masque médical et il n’y a pas de pochette pour les filtres.

Masque #1
1. Pêche sur glace
Masque #3
3. Un monde de mer II
Masque #5
5. Vagues
Masque réutilisable
7. Premier jour d'école
Masque réutilisable
9. Petit pluvier
Masque #2
2. Se relever
Masque #4
4. Un monde de mer
Masque réutilisable
6. Trouver son étoile
Masque réutilisable
8. Se laisser guider
Masque réutilisable
10. Une vie en mer

Créer aux Îles, au temps de la Covid-19

Durant cette pause obligée de pratiquement tout contact humain, il n’y a pas que le temps qui s’est arrêté. Plusieurs ont eu du mal, tout comme moi, à même continuer à lire d’une façon aussi assidue. Comme si la tête suivait l’obligation de confinement, comme si le cœur ne pouvait plus voir plus loin et, à peine, l’instant présent. Il m’a fallu écouter le film québécois Il pleuvait des oiseaux, le 13 avril dernier, pour reprendre le goût de créer un peu, de peindre mes émotions, de me reconnecter à la nature pour respirer plus fort. Pour revivre. Ne pas seulement survivre.

Je me suis arrêtée sur cette phrase interprétée par la magnifique Andrée Lachapelle : « Choisir, c’est s’arrêter et j’ai peur d’arrêter, car je serai obligée de choisir ce vide en moi ». Et j’ai compris que nous devions essayer de combler ce vide causé par la pandémie, ou par nos choix de vie, avant qu’il nous aspire complètement. Je ne pouvais attendre plus longtemps. Et voilà ce qui en est ressorti. J’ai envie de les laisser tels quels. Laisser l’impression qu’ils suscitent déjà en moi et offrir tous les choix d’interprétation : Voir loin… Dépasser l’horizon… Le vent qui chasse les nuages et les virus au large…

Série Voir loin

1. Voir loin       2. Dépasser l’horizon          3. Le vent qui chasse les nuages et les virus au large

Les œuvres sont peintes sur des tondos de bois créés par Florent Dufort, un Madelinot de cœur qui a passé son enfance et adolescence aux Îles. Il est localisé à Sainte-Hélène-de-Kamouraska sous le nom d’Atelier 27 x 27 et offre la livraison de toute une variété de support et d’encadrement. Florent n’est pas seulement habile menuiser, mais est également un artiste, tout comme son père Pierre Dufort.

 

 

 

Les liens qu’il nous reste…

Après plus d’un mois de confinement, des mesures drastiques de contrôle des entrées aériennes et maritimes pour des activités essentielles, et une panne d’internet qui a pu être rétablie heureusement au bout d’une journée, je me rends compte comment nous dépendons de ce lien, de ce câble sous-marin!

Câble de fibre optique des Îles-de-la-Madeleine

Cette photo illustre bien le câble de fibre optique qui permet aux Madelinots d’avoir ses communications. Imaginez s’il s’était rompu en pleine pandémie! Imaginez l’isolement encore plus grand dans lequel on se retrouverait. Jusqu’ici, on peut voir nos proches avec un mobile ou iPad (mais les aînés branchés ne sont pas si nombreux aux Îles!).

On peut surtout les appeler ou cogner à leur fenêtre pour un coucou improvisé. Mais si nous devions subir encore une panne générale comme celle du 29 novembre 2018, et ce, en pleine pandémie, la situation changerait drastiquement.

Non, je ne veux pas être un héron de mauvais augure, mais ma panne d’internet m’a angoissée l’espace d’un moment (et le temps est maintenant assez relatif puisque nous n’avons plus rien pour vraiment le mesurer). Comment continuer le télétravail de mes emplois à temps partiel? Comment m’avancer dans les tâches multiples d’une travailleuse autonome aussi? Notre quotidien ne tient qu’à ce fil. Un gros câble qui se fait malmener dans le fond du golfe depuis des décennies. Ne l’oublions pas surtout! Toutes les mesures de relance de l’économie tiennent à ce lien. C’est le seul vrai contact avec le continent que nous devons conserver, peu importe les mesures de distanciation.

P.S. Mon prochain article portera sur mon retour à la création. J’ai du écouter le magnifique film québécois Il pleuvait des oiseaux, pour vraiment retrouver ce besoin de créer…

Vivre aux Îles au temps du Covid-19

Qui aurait dit qu’un jour nous serions les premiers à vouloir demeurer dans l’isolement, presque prêt à couper totalement les frontières entre la terre ferme et le continent? S’isoler, se confiner, s’encabaner. Une situation que l’on connait aux Îles-de-la-Madeleine, presque depuis la nuit des temps, avec les ruptures de câbles de communications, les tempêtes clouant au sol et à quai, avions et traversiers. Avec les routes fermées à la circulation, les ruptures de courant, les saisons plus mortes aux Îles qu’ailleurs…

Au temps du COVID-19

Mais ce n’est pas parce que l’hiver est plus long aux Îles que les Madelinots aiment rester chez eux. Ils sont prêts à accepter l’isolement, mais en sachant qu’il y a une date de fin. Que le printemps arrivera, que la pêche reprendra et qu’ils pourront recevoir leur famille ou aller les voir. Car les Madelinots ne se retrouvent pas seulement sur leurs Îles. Ils sont étalés, éparés dans les maritimes, au Québec et, de plus en plus dans le monde. Et les Îles s’ouvraient jusqu’à maintenant plus que jamais à cet autre monde, toujours en appréciant retrouver la tranquillité offerte par les mois d’hiver.

Mais depuis le 13 mars et particulièrement depuis que les premiers cas atteints de la COVID-19 sont annoncés sur l’archipel, nous avons besoin d’être rassurés. Nous avons besoin de nous raccrocher au présent plus que jamais. Des chansons et rires d’enfants. Des arcs-en-ciel dans les fenêtres. De la musique. Et encore de la musique. Des livres. La voix de nos parents. Des dessins. De l’écriture. De la photographie. Des collages. Des peintures. Des marches dans les dunes (avec crampons – pas question d’engorger l’hôpital). Des casse-tête. Des mots croisés. Du rempotage. Du lavage. De l’encannage (mise en conserve). Du crochetage. Des brochures (tricot). Des défaisures. De la couture.  Des recettes de grand-mère. Des chiaudes à la tête de morue. Des chiards à la viande salée. Des chaudrées de fruit de mer. Des crêpes. Des galettes. Du Divinity Fudge. Des rotis pour six qu’on mange étalé sur la semaine, ou qu’on dépose sur le perron de nos parents.  Finalement, on revient à la vie d’en premier. Ça va bien aller…

 

Banquise à la plage de Pointe-aux-Loups